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La petite Italie

Montreal

La petite Italie

Encerclé de bandes d’entrepôts industriels, ce petit bout de terrain juste au nord de Mile End a d’abord été colonisé par des milliers d’immigrants italiens après la Deuxième Guerre mondiale. Au fil des décennies le quartier est devenu la patrie animée de la deuxième population italienne, de par sa taille, au Canada, et il s’est transformé en une communauté dynamique. Des rues étroites associent harmonieusement des cafés bondés, de confortables restaurants éclairés aux chandelles et des magasins artisanaux nichés près des exemples de l’architecture résidentielle caractéristique de Montréal, des immeubles centenaires à trois niveaux entourés de longs escaliers extérieurs. La zone est en plein essor depuis que de jeunes artistes s’y sont installés, et maintenant des brasseries artisanales très fréquentées comme Vice Versa côtoient tranquillement le couvent, les églises et les petits parcs de la zone. Des chefs de micro-locaux comme Beaver Sheppard ont trouvé leur chez eux parmi les magasins calmes de pâtisseries italiennes qui pratiquent cet art délicat qu'est la fabrication de desserts depuis des décennies. Le récent afflux de latinos a enrichi un quartier déjà riche au niveau culturel, avec des cuisines nationales– salvadorienne, cubaine, péruvienne, mexicaine, pour n’en nommer que quelques-unes – à chaque îlot, la meilleure pizza de la ville est donc maintenant en concurrence avec les meilleurs tacos et pupusas . Que ce soit pour des boissons et un en-cas un mardi soir enneigé en février ou une balade au travers du très fréquenté Jean-Talon Market (Marché Jean-Talon) un week-end de juillet ensoleillé, la Petite Italie est une profusion d’images et de sons, de nourriture et de boisson autant pour les locaux que pour les touristes.

Marché Jean-Talon

Un marché animé et prospère proposant toutes sortes d’aliments frais et de fleurs fraîches en provenance de toute la province, ici une petite armée de producteurs indépendants qui misent sur le concept « de la ferme à la table » approvisionnent tout le quartier – de la grand-mère au chef cuisinier – avec des ingrédients cultivés localement. Baladez-vous dans les rayons à ciel ouvert de stands et de kiosques l’été pour vous émerveiller de l’arc-en-ciel de couleurs, puis goûtez un chocolat chaud artisanal, affûtez vos coudes et frayez-vous un chemin dans la foule lorsque le marché bondé se réfugie à l’intérieur pour l’hiver. Comme les sages montréalais ont délaissé les énormes grandes surfaces sans vie et profitent de parking bon marché et de la possibilité d’explorer la Petite Italie, le marché a réclamé son titre de guichet unique original et parfait. Les produits frais ne vous suffisent pas ? Ce n’est pas un problème : une vaste sélection de restaurants, magasins de spécialités culinaires et de boucheries, boulangeries et poissonneries de tous les jours encerclent l’agora de vendeurs, tous prêts à répondre aux désirs de vos papilles gustatives. Est-ce que votre liste de course inclut du sirop d’érable, des thés haut de gamme, des tacos de la cuisine de rue épicée, des côtelettes de porc bio ou une douzaine de roses ? Si c’est le cas, le Marché Jean-Talon est définitivement fait pour vous.

Caffè Italia

C’est l’OG des cafés dans un quartier construit autour des cafés. Cet établissement datant du milieu du siècle, ouvert en 1956, a conservé sa réputation face aux petits nouveaux. Une blague bien connue raconte que le charme du Caffé Italia est qu’il n’en a aucun, mais ne vous laissez pas impressionner par ses lumières fluorescentes et son manque de décor, parce que la raillerie signifie seulement que cette boutique est un ancien entrepôt qui offre sans prétention des expressos aux locaux depuis des décennies. Ouvert de 6h du matin à minuit, vous vous trouverez à tout moment de la journée bousculé par un vieillard habillé de manière impeccable jouant aux cartes ou happé par des discussions animées autour de l’art, de la politique ou du hockey sur glace avec les habituelles boissons à la caféine. Deuxième maison pour de nombreuses personnes du quartier, vous trouverez ici le fan de football aux yeux rougis venu soutenir son équipe italienne tôt le dimanche matin, l’écrivaine vivotant renversant sa pile de papiers après son sixième délicieux café au lait ou la jeune famille qui vient pour le baby-foot et les sandwichs à la charcuterie. Des cafés à base d’expressos, des pâtisseries simples et des sandwichs consistants, c’est tout, tous faits comme il se doit. Et comme dernier clin d'œil à la vieille école, Caffé Italia vend, de manière inexplicable, une belle sélection de produits de toilette masculins importés d’Italie.

Notre-Dame-Des-Quilles

Clignez des yeux et vous le raterez, ce boui-boui, joyau poussiéreux, est appelé ainsi à cause de deux petites pistes de bowling nichées dans un coin.

Abrégé « NDQ » par les locaux, ce resto-bar tendance, sombre et gay-friendly est le repère habituel de la population citadine avant-gardiste, et presque tout le monde là-bas – aussi bien le patron que les clients – est impliqué dans l’art. Un endroit délabré et tranquille pour se reposer après avoir exploré le quartier, l’ambiance calme de la taverne se métamorphose en évènements haut en couleur programmés après le coucher du soleil, que ce soit pour un bingo hipster, un drag karaoké ou une fête EDM. Si le critère enfant-cool n’est pas suffisant pour vous vendre le NDQ, le resto-bar accueille aussi une activité distincte dans ses murs, Vélo Burrito (« Bike Burrito ») produit à tour de bras des plats bon marché toujours délicieux et généreux. Une cuisine ouverte au bout des pistes de bowling prépare constamment un grand choix de burritos, les arômes épicés aiguisant les appétits dans le bar, mais son vrai commerce se trouve à l’extérieur, dans les rues. Qu’il pleuve, neige ou qu’il y ait du soleil, une équipe d’intrépides cyclistes va pédaler sur un énorme cylindre de délices Tex Mex pour venir à vous n’importe où dans quartier.

Pasticceria Alati-Caserta (Pâtisserie Alati-Caserta)

Dans une rue tranquille de la Petite Italie, sous l’immense église Our Lady of Defense (Notre-Dame-de-la-Défense), Alati-Caserta pratique cet art délicat qu'est la fabrication de desserts italiens depuis des décennies. Peu éclairé et avec des boiseries aux murs, y entrer est comme pénétrer dans une vieille carte postale ou une machine à voyager dans le temps parfumée. Ouvert en 1968 par Vittorio Caldarone, qui découvrit les secrets de l’art du dessert en Suisse et en Italie, le petit boui-boui boulangerie est maintenant géré par son fils Marco. Classique non seulement pour le style mais aussi en substance, toutes ses recettes viennent d’Italie, et tout ce qui y est vendu – de la pâte au glaçage – est fait dans l’arrière-cuisine : des biscuits amaretti par kilo, des gâteaux aux amandes par tranche, des biscuits par douzaine, des cannolis par centaine et des rum balls sucrées et collantes par millions. Alati-Caserta est considéré comme ayant de loin les meilleurs cannolis de la ville, mais ne vous attaquez à son énorme sfogliatella que si vous osez : une gourmandise en forme de coquillage fourrée à la crème anglaise - ou à la ricotta - des centaines de plis de pâte fins comme du papier, lui donnant l’apparence d’une pince de homard (comme elle est parfois appelée en anglais). De nombreux fidèles traversent la ville le week-end pour mettre la main sur les cannolis avant qu’ils ne soient tous vendus, ou bien commandent une création de rêve sur mesure pour une fête d’anniversaire. Et ne ratez pas la vitrine : un exemplaire d’1,20 m de haut de la tour penchée de Pise, faite entièrement en pâte à gâteau. Vous pourriez appeler ça la cerise sur le gâteau.

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